Dans une conjoncture économique incertaine, les entrepreneurs et dirigeants doivent plus que jamais piloter leur activité avec souplesse et précision. Tension de trésorerie, masse salariale, patrimoine professionnel et personnel : dans cette série, nos experts vous expliquent concrètement comment anticiper les risques et garder le cap, même en période de turbulences. Soyez les bienvenus, ce podcast est fait pour vous.
Notre nouvel épisode est consacré au pilotage de votre entreprise, question cruciale en cette période d'incertitude économique. Alors, pour vous donner quelques repères, j'accueille le directeur de l'expertise comptable chez Rydge. Bonjour Wilfried Verslype.
Bonjour Bertrand, ravi d'être avec vous.
Jusqu'où doit aller le rôle de l'expert-comptable aux côtés du chef d'entreprise ?
Alors Bertrand, l'expert-comptable, il doit être avant tout le copilote de l'entreprise. J'ai un exemple précis : c'est un client que je suis depuis maintenant quelques années, un client qui détient des dizaines de restaurants, et on est là pour lui au quotidien. Donc on fait une revue de performance tous les mois, ça l'aide dans le cadre de sa gestion et de son plan stratégique. Et on va même plus loin, puisqu'on est membre de son board, donc de son comité stratégique, où on est là pour prendre les bonnes décisions avec lui. Ça le rassure, et c'est une manière de pouvoir gérer son entreprise de la manière la plus convenable, puisqu'un dirigeant est souvent seul, et c'est hyper important de pouvoir l'accompagner dans le pilotage de l'entreprise. Donc il a bien grandi, en disant qu'il est passé d'un seul restaurant à 35 aujourd'hui. Donc on est fiers aussi de pouvoir créer de la valeur avec lui.
Pour en arriver à ce niveau de partenariat que vous venez de décrire, il faut tout de même sacrément dépoussiérer l'image de l'expert-comptable.
Absolument. Alors, on est bien entendu dans notre rôle de sécurisation réglementaire, donc on est là bien avant tout pour faire les déclarations de TVA, la liasse fiscale, mais on va dire que c'est la base de notre métier. Notre rôle, il est bien plus vaste, il est là pour accompagner l'entrepreneur au quotidien. Chaque année, on fait un baromètre de l'expérience client, et ils nous disent qu'on est leur partenaire de confiance, donc on est là pour élever le niveau de jeu avec eux. Il y a la création d'un climat, on va dire, d'intimité avec eux : on sait tout d'eux finalement, on sait leur salaire, on sait le salaire de leurs salariés, on sait leur niveau de trésorerie. Donc il y a un niveau d'intimité avec nous qui n'a pas d'égal.
Ils vous le disent, ça, qu'ils apprécient cette relation de proximité ?
Oui. Et on part d'un constat, c'est que le dirigeant, il est seul, il est souvent seul — d'ailleurs, on a beaucoup d'études qui nous le disent. Une dernière étude de BPI France indique que 45 % des dirigeants de PME se déclarent seuls, en tout cas dans un sentiment d'isolement. Donc, pour faire face à ce climat, en plus d'incertitude économique, il est important d'activer tous les leviers avec eux, et donc on est là pour assurer, alors, le rôle de coach finalement, et c'est bien ça la posture, en tout cas le positionnement de Rydge Conseil : être l'expert-comptable augmenté des dirigeants, donc à la fois à l'aise avec le digital, mais surtout en proximité de l'entrepreneur pour l'accompagner au quotidien. On est un peu, finalement, le médecin de famille, celui qui diagnostique, celui qui accompagne. Ça peut aussi toucher à des projets familiaux ou en tout cas semi-professionnels. C'est bien ça, l'expert-comptable : être en proximité du dirigeant pour parler de tous les sujets avec lui.
Wilfried Verslib, quelles sont les bonnes pratiques, par conséquent, à adopter pour arriver à ce binôme efficace entre le dirigeant et son expert-comptable ?
C'est de créer des rituels. Donc nous, on en a créé six pour accompagner un dirigeant en proximité. C'est bien de le voir une fois tous les deux mois, de manière organisée, ordonnancée, et de passer en revue l'intégralité des préoccupations du dirigeant, avec les bonnes fréquences, et d'avoir le bon conseil au bon moment. Je m'explique : une optimisation de fiscalité, ça ne se fait pas en mai-juin de l'année suivante, c'est beaucoup trop tard. Il faut anticiper cette optimisation de fiscalité, donc ça se fait plutôt en octobre-novembre de l'année d'avant. On commence par la stratégie, et puis ensuite on crée des rituels de pilotage, de revue des sujets de ressources humaines, le cas échéant, s'il a des salariés, une revue de la documentation juridique, en l'occurrence pour vérifier que tout est bien couvert. Il y a une anticipation des sujets de retraite aussi, du côté du dirigeant. Donc on est là aussi en termes de pilotage, et finalement on est co-responsable aussi de ses décisions stratégiques, puisqu'on est vraiment impliqué dans son intimité, dans ses décisions stratégiques. Donc on se sent aussi co-responsable de sa réussite ou de ses points d'amélioration.
Très concrètement, tout cela suppose que le dirigeant et son expert-comptable partagent en temps réel les indicateurs de la vie de l'entreprise. Et ça, ce n'est pas encore en place partout.
Effectivement, effectivement. Aujourd'hui, la maîtrise de la data est le facteur clé de succès. Je prends l'exemple typique : le client voit son solde de trésorerie tous les jours avec notre outil de gestion. Donc, s'il a plusieurs banques, il voit l'essentiel de ses flux bancaires. On voit aussi si la compta est à jour, et c'est bien le sujet, et si ses paiements sont à jour. Plus les flux sont à jour et plus on les voit, plus ils sont lisibles, et plus on va être proactifs dans l'anticipation des difficultés, le cas échéant. Donc il voit son solde de trésorerie, sa facturation est gérée sur l'outil de gestion, donc il voit ses encaissements prévisionnels. Ses achats sont aussi gérés dans l'outil de gestion, donc il voit ses décaissements prévisionnels ; donc il peut piloter sa trésorerie en temps réel et identifier, le cas échéant, des difficultés passagères de trésorerie. Et l'avantage, c'est que nous, on les voit aussi, donc on peut aussi copiloter en temps réel avec le dirigeant.
La réforme de la facturation électronique prévue pour 2026 pourra aussi donner un coup d'accélérateur à cette circulation nécessaire des données ?
Absolument. On va avoir l'obligation de recevoir les factures en mode électronique en septembre 2026, et en septembre 2027 pour les émissions. Donc là, c'est une formidable opportunité de traiter tous nos entrepreneurs en temps réel, et donc de pouvoir les accompagner au mieux grâce à nos outils de gestion, qui sont déjà en capacité de pouvoir gérer les flux en temps réel. Donc c'est une manière aussi d'aller encore plus loin et de généraliser notre accompagnement. Et c'est bien ça, notre stratégie. Et pour en savoir plus d'ailleurs, je vous renvoie à notre série de podcasts qui vous donne tous les conseils pour mettre en place cette facturation électronique. Ce sera progressivement obligatoire, je vous le rappelle, pour toutes les entreprises à partir du 1er septembre 2026.
Merci Wilfried Verslib, directeur de l'expertise comptable chez Rydge Conseil.
Merci Bertrand.
Et merci pour votre écoute. Ne ratez pas notre prochain épisode, le cinquième : nous regarderons que faire lorsque votre entreprise traverse des difficultés, et vers qui vous tourner.