Dans une conjoncture économique incertaine, les entrepreneurs et dirigeants doivent plus que jamais piloter leur activité avec souplesse et précision. Tension de trésorerie, masse salariale, patrimoine professionnel et personnel : dans cette série, nos experts vous expliquent concrètement comment anticiper les risques et garder le cap, même en période de turbulences. Soyez les bienvenus, ce podcast est fait pour vous.
Notre nouvel épisode est consacré à la croissance externe. Ce n'est pas si évident à première vue, et pourtant, racheter une entreprise peut être une bonne option dans le contexte économique compliqué que nous connaissons. Alors vous allez tout nous expliquer, Constance de Saint-Étienne, et nous dire comment faire concrètement. Bonjour.
Bonjour.
Chez Rydge Conseil, vous accompagnez les dirigeants dans leurs activités de cession et d'acquisition. Pourquoi la période actuelle est-elle paradoxalement favorable à la croissance externe des entreprises ?
D'abord, parce qu'il y a des opportunités à saisir. C'est une conséquence des difficultés économiques : les crises peuvent apporter des opportunités, avec des conditions plus favorables. C'est aussi évidemment lié à la pyramide des âges de nos dirigeants. On estime qu'il y aurait entre 500 000 et 800 000 entreprises qui pourraient être cédées dans les dix prochaines années, à cause notamment de départs à la retraite. Enfin, il y a aussi une autre explication, liée aux enjeux de consolidation des marchés. Il y a des dirigeants qui ont pour habitude de ne pas attendre des jours meilleurs et d'anticiper, pour investir et rester compétitifs.
Qu'est-ce qui, aujourd'hui, motive les dirigeants à racheter une entreprise ?
Alors, habituellement, les entrepreneurs cherchent à accélérer le développement de leur société. La croissance externe est un levier intéressant : elle permet d'acquérir de nouvelles ressources, des compétences et du savoir-faire, mais aussi de renforcer un maillage territorial ou de consolider un marché. J'ai en tête l'exemple d'un groupe du bâtiment qui a réalisé une vingtaine d'acquisitions ces six derniers mois, pour effectivement acquérir de nouveaux savoir-faire et renforcer son offre.
Ces acquisitions sont-elles réservées aux grands groupes, ou bien sont-elles aussi à la portée de plus petites structures ?
Non, pas du tout. Toutes les entreprises peuvent envisager une croissance externe, quelle que soit leur taille. Soit de manière proactive, en prenant contact avec des cibles, soit en réponse à des opportunités, puisqu'elles peuvent être sollicitées. Les petites entreprises peuvent l'utiliser pour intégrer, comme on le disait, un partenaire commercial, un fournisseur ou un client, ou pour acquérir un savoir-faire spécifique et accélérer sur certaines thématiques. Les PME et les grands groupes peuvent mener des acquisitions plus stratégiques, parfois à l'échelle nationale ou internationale. Et la bonne nouvelle, c'est qu'effectivement, différents secteurs d'activité sont concernés — même si certains d'entre eux sont plus dynamiques en termes de consolidation. On observe certains secteurs un peu plus dynamiques ces derniers mois, notamment dans le transport ou l'industrie.
Constance de Saint-Étienne, pour un entrepreneur, racheter une entreprise est un projet assez lourd, assez intense. Il existe de nombreuses étapes, avec des enjeux importants. Comment accompagnez-vous les dirigeants ?
Rydge Conseil accompagne les entreprises de A à Z dans leur projet d'acquisition, de l'identification de la cible à la négociation, et également à l'intégration post-acquisition. Alors, parmi les étapes clés, il y a effectivement la négociation de la lettre d'intérêt, les différents audits — juridiques, fiscaux, financiers —, mais aussi le financement bancaire, le travail sur la documentation juridique et les recommandations pour l'intégration, et tout le travail post-deal. Cet accompagnement est évidemment sur mesure et flexible, et bien que certains de nos clients choisissent d'être accompagnés sur ces différentes thématiques, on constate évidemment que cette approche tout compris, avec un interlocuteur unique, rassure les dirigeants. L'objectif, c'est d'être aux côtés de l'entrepreneur pour que 1+1 égale 3, et que cette acquisition crée plus de valeur que la simple addition des deux sociétés.
Ceci étant dit, tous les dossiers ne vont pas jusqu'au bout ?
Tout à fait. Une acquisition n'est jamais automatique. Les dossiers peuvent s'arrêter à différentes étapes, pour des raisons variées, comme par exemple un audit révélant un problème majeur, ou un changement, une actualité qui impacte l'activité de la société. Les process d'acquisition sont compétitifs. La croissance externe, c'est une opération complexe et à risque, qui nécessite une préparation rigoureuse, et l'accompagnement permet justement de limiter ces risques et de sécuriser l'opération.
L'aspect humain a aussi une place très importante, une place décisive même, dans le rachat d'une entreprise ?
Oui, c'est finalement le nerf de la guerre. Au-delà des compétences financières, un bon repreneur est celui qui assure la continuité et la pérennité de l'entreprise. Le prix n'est pas le seul critère : l'adhésion humaine, la vision à long terme et la capacité à transformer l'entreprise sont cruciales parmi les critères de sélection des cédants. Dans les contextes familiaux, cette dimension prend encore plus d'importance, car le repreneur doit être en adéquation avec l'histoire et la culture de l'entreprise. La rencontre avec les cédants est souvent décisive, et c'est là que tout se joue. L'adhésion humaine et culturelle prend le dessus, et souvent de manière plus importante que le prix proposé. J'ai des exemples en tête de chefs d'entreprise qui ont retenu surtout un projet industriel plutôt qu'un prix.
Merci pour vos explications et vos recommandations, Constance de Saint-Étienne. Vous accompagnez, je le rappelle, chez Rydge Conseil, les dirigeants dans leurs activités de cession et d'acquisition. Merci beaucoup.
Et merci à vous de nous avoir suivis dans cette série de podcasts. Nous vous aidons à piloter votre entreprise avec recul et sérénité, dans un contexte économique incertain. C'était le sixième et dernier épisode. N'hésitez pas à vous abonner au podcast Rydge Conseil et à le partager. D'autres thématiques sont à découvrir très prochainement.